L’IA n’est pas complètement prête. Et c’est précisément pour ça qu’il faut l’adopter maintenant.

On s’est habitués à parler d’intelligence artificielle comme si l’histoire avait commencé en 2022. ChatGPT arrive, le grand public s’en empare, et soudain l’IA devient un sujet de comptoir. Mais si l’on veut lire correctement ce qui se passe, il ne faut pas confondre la frénésie médiatique et la réalité historique. OpenAI a bien lancé ChatGPT en accès public (“research preview”) le 30 novembre 2022, et, oui, c’est un vrai point de bascule social.

Mais l’IA, comme domaine, est beaucoup plus ancienne : Turing formalise dès 1950 le cadre intellectuel du “jeu de l’imitation”, et le Dartmouth Proposal (1955) annonce explicitement un projet d’été 1956 consacré à “l’artificial intelligence”. Certaines autres démonstrations “primitives” existent tôt : le Ferranti Mark I fait tourner un programme d’échecs limité en 1951 (mate‑en‑deux).

Ce rappel n’a pas pour ambition de vous donner un cours d’histoire. Il sert à comprendre une chose : l’IA n’est pas une fonctionnalité. C’est une trajectoire.

Et elle ressemble à une autre trajectoire humaine bien connue : celle du feu.

L’analogie du feu : comprendre une technologie que l’on ne comprend pas encore

Là, vous vous dites certainement : « Qu’est-ce qu’il raconte ? ». Restez avec moi.

Un jour, dans sa caverne, l’un de nos ancêtres a découvert le feu. Cette découverte, au départ, répond à un usage très précis : se chauffer, s’éclairer, se protéger. Ce ne sont pas des “innovations industrielles”; ce sont des usages immédiats.

Et pourtant, la chaîne complète – métallurgie, machines, aciéries – qui découle de cette même découverte va bousculer l’histoire moderne. L’humain du jour 1 ne pouvait pas imaginer l’humain d’aujourd’hui. Pas parce qu’il était moins intelligent; mais parce qu’il manquait de perspective.

Nous en sommes au même stade. Sauf qu’au lieu de tenir une torche, on écrit des prompts.

Et l’erreur typique, en 2026, c’est de juger l’IA à partir de ce qu’elle est aujourd’hui, comme si c’était significatif de la trajectoire de demain.

Le vrai signal : la vitesse d’évolution

Ce qui compte n’est pas seulement “ce que l’IA fait aujourd’hui”. Ce qui compte, c’est à quelle vitesse elle s’améliore. Pour rendre cette vitesse tangible, un artefact culturel est devenu célèbre : le “Will Smith Eating Spaghetti test”, maintenant documenté comme benchmark informel.

Étude de cas : le “Spaghetti Test”

Dans sa version 2023, l’action humaine est instable : visages et mains se déforment, la physique n’est pas crédible. Dans la version de 2026, l’exercice devient suffisamment cohérent et la différence est évidente : on n’est plus dans le “meme grotesque”, mais dans un rendu qui exige un regard critique pour identifier l’intervention de l’IA.

Ce qui importe ici, c’est la dynamique d’apprentissage sous‑jacente. La progression observée entre 2023 et 2026 ne peut pas être attribuée uniquement à l’amélioration des modèles. Elle est également le résultat d’un processus d’appropriation par les utilisateurs.

Les premiers usages ont produit des résultats de faible qualité, souvent instables et difficilement exploitables. Toutefois, ces expérimentations ont permis d’identifier progressivement les limites des modèles, d’ajuster les méthodes d’interaction (prompts, itérations, post‑traitement) et de structurer des pratiques plus robustes.

Autrement dit, l’amélioration des livrables en 2026 est indissociable de l’apprentissage accumulé entre‑temps par les utilisateurs. La performance actuelle n’est pas uniquement technologique; elle est aussi cognitive et méthodologique.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la notion d’avantage cumulatif : elle ne repose pas seulement sur l’accès à la technologie, mais sur l’expérience acquise en l’utilisant dans des conditions imparfaites.

De la culture internet au bureau d’études : pourquoi SOLIDWORKS est concerné

La transition “spaghetti → SOLIDWORKS” n’est pas dénuée de sens: c’est le même mécanisme appliqué à un autre contexte. Une technologie générale franchit un seuil, puis s’infiltre dans des produits, puis se rend invisible, puis reconfigure des pratiques.

On a déjà vu ça dans les années 2010 : l’IA ne “ressemblait” pas à ChatGPT, mais elle était intégrée au quotidien. Google Maps, par exemple, a déployé en production des modèles (dont des réseaux de neurones de graphes) pour la prédiction d’ETA (Estimate Time of Arrival) et de trafic, à l’échelle mondiale. Résultat : vous utilisez de l’IA sans y penser.

L’avantage vient rarement d’un bouton “IA”, mais de la routine qui change autour de votre activité.

SOLIDWORKS 2026 : La révolution IA est en marche

C’est exactement le même enjeu dans SOLIDWORKS.

SOLIDWORKS 2026 met déjà de l’IA dans des zones où l’on perd du temps pour vrai : la mise en plan, l’assemblage, et l’accès à la connaissance. Dassault Systèmes annonce SOLIDWORKS 2026 comme un portefeuille “AI‑powered” (design, collaboration, data management).

Un exemple parlant (et assumé comme tel) : Auto‑Generate Drawings (BETA). La documentation “What’s New in SOLIDWORKS 2026” décrit explicitement la génération automatique de mises en plan, incluant des vues en coupe et des symboles de perçage.

Même logique côté assemblages : SOLIDWORKS documente la reconnaissance IA de fixations afin de créer des SmartMates automatiquement, avec des limites explicitement listées – ce qui est exactement le genre de détail qui rend la promesse crédible (et qui rappelle que ce n’est pas “magique”, c’est de l’ingénierie + des contraintes).

Mais au lieu de vous lister TOUTES fonctionnalités disponible, je préfère insister sur le mouvement : Dassault annonce des “Virtual Companions” (AURA, LEO, MARIE), avec AURA et LEO déjà disponible et MARIE annoncée bientôt, SOLIDWORKS met de l’avant des fonctionnalités “AI‑guided” en FD01 (ex. analyse guidée, création guidée).

L’important ici, ce n’est pas de prouver que “tout est prêt”. C’est de constater que l’IA est entrée dans l’outil, donc l’apprentissage commence, que vous le vouliez ou non. Et ça va vite.

Attendre la maturité : pourquoi c’est une grave erreur

Je vais le dire sans détour : en 2026, tout ça est encore imparfait. Et c’est normal. On est au stade “spaghetti 2023” de la CAO assistée par IA : prometteur, fonctionnel par endroits, mais pas encore une évidence partout.

La réaction réflexe de beaucoup d’équipes est : “on va attendre que ce soit mature”.

Ce réflexe est humain. Mais stratégiquement ? C’est une grave erreur.

En 2025, on bascule clairement dans une phase d’adoption massive. Près de 88% des organisations déclarent utiliser l’IA dans au moins une fonction, contre 78% l’année précédente. Cette adoption s’accélère et suit une courbe exponentielle.

Sur le plan économique, les signaux sont tout aussi clairs. Le marché de la gen-AI atteint près de 60 milliards de dollars en 2025 et pourrait dépasser les 400 milliards d’ici 2031.

Dans l’industrie, la bascule est déjà visible : près de 76% des entreprises manufacturières utilisent l’IA en 2026.

Mais le point le plus intéressant n’est pas l’adoption. C’est l’écart entre adoption et impact. Malgré des investissements massifs, seules environ 5% des entreprises parviennent aujourd’hui à générer une valeur significative avec l’IA. Et dans la majorité des cas, les projets restent bloqués au stade expérimental : la majorité des initiatives ne passent jamais en production.

Autrement dit : tout le monde a accès à l’IA. Mais très peu savent réellement l’utiliser. Donc “attendre” ne veut pas dire rester prudent. Ça veut dire laisser un différentiel de compétence se créer. Parce que savoir utiliser l’IA… Ça s’apprend.

Ce que dit la recherche sur les gains (et leurs limites)

Pour répondre au postulat “on va attendre que l’IA soit prête”, il faut comprendre une nuance importante : l’IA ne donne pas des gains uniformes, et c’est précisément pour ça qu’il faut apprendre tôt.

La conclusion opérationnelle est simple : l’adoption précoce n’est pas un pari aveugle; c’est une phase de cartographie. Ça vous aide à comprendre quand l’IA fonctionne, quand elle se trompe, et surtout comment la contrôler.

Ce que ça change vraiment : redéfinition de la performance en ingénierie

C’est là que ma thèse devient très concrète : l’IA ne vous remplacera pas; un concurrent qui la maîtrise, oui.

Et je parle de maîtrise au sens strict. Demander à ChatGPT une recette de carbonara… Ça ne compte pas. Je parle de pratiques de travail. De standards. De contrôle qualité. De comprendre quand l’IA accélère une tâche, et quand au contraire elle introduit du risque. De savoir où intégrer l’IA dans un projet sans casser la traçabilité. De savoir comment former vos équipes sans créer une dépendance aveugle.

Autrement dit, la maîtrise ne se construit pas le jour où l’outil devient “parfait”. Elle se construit pendant qu’il est imparfait, parce que c’est là que vous bâtissez vos standards, vos checklists, vos contrôles, vos meilleures pratiques d’usage. À terme, la valeur d’un ingénieur ne sera pas seulement “sa compétence technique”. Ce sera sa capacité à multiplier cette compétence avec une IA bien cadrée.

Conclusion : passer de l’intention à l’action

La question n’est donc plus de savoir si vous utilisez l’IA. Elle est déjà là, dans vos outils, dans vos processus, dans votre environnement concurrentiel.

La vraie question, c’est de savoir si vous êtes en train d’apprendre à l’utiliser correctement.

Comme toutes les transformations technologiques majeures, l’avantage ne revient pas à ceux qui attendent que tout soit stabilisé. Il revient à ceux qui commencent pendant que c’est encore imparfait, qui expérimentent, qui structurent, et qui construisent progressivement des méthodes solides.

L’IA ne remplace pas l’ingénierie. Elle en redéfinit les standards.

Et cette transition ne se fait pas seule.

Chez solidxperts, nos équipes travaillent déjà avec ces outils au quotidien. Nous accompagnons des entreprises dans la mise en place de pratiques concrètes autour de l’IA dans SOLIDWORKS : identification des cas d’usage pertinents, intégration dans les processus existants, formation des équipes et mise en place de standards fiables.

Si vous souhaitez comprendre concrètement ce que l’IA peut apporter à votre environnement, nous proposons des démos et des sessions d’échange adaptées à votre réalité.

Le plus simple reste encore d’en discuter.